L’Europe, la pêche et Natura 2000.

Bonjour,

aujourd’hui dans le journal  Sud ouest, un article est consacré à la dénonciation des activités de chasse et de pêche dans les zones Natura 2000 par l’Europe.

Extraits choisis :

Un arrêt de la Cour de justice européenne condamne la France pour avoir affirmé que la pêche et la chasse n’étaient pas des activités perturbantes.

En ligne de mire, les magistrats de l’Union européenne qui, le 4 mars 2010, ont condamné la France pour manquement de la directive 92/43 CEE, dite « habitats, faune, flore » sur les zones classées Natura 2000.

Parmi les griefs soulevés, la Cour estime que la France a affirmé, de manière un peu trop formelle au regard du Code de l’environnement, que « la chasse et la pêche et les autres activités aquacoles et cynégétiques ne constituent pas des activités perturbantes ou ayant de tels effets ».

À ce jour, les chasseurs, comme les pêcheurs, craignent pour leur avenir. « Une interdiction de la pratique sur ces zones serait prise comme une déclaration de guerre[…]

Est ce inquiétant ? Il serait surement nécessaire de voir rentrer beaucoup plus de pêcheurs dans les comités de pilotage des réserves Natura 2000. Sans cette présence, nous risquons de voir disparaître petit à petit nos opportunités de pêche, alors que les pêcheurs, de nos jours, sont souvent les premiers observateurs et les premiers gestionnaires garantissant la biodiversité de ces zones humides.

Thomas

« Préservons la ressource halieutique »

Source : Sud ouest

5 réflexions au sujet de « L’Europe, la pêche et Natura 2000. »

  1. Je suis plutôt d’accord avec la cour européenne, il faut absolument des réserves vierges de toutes activités, cynégétiques et piscicoles, bien évidemment que la pêche a un impact, entre les 20 à 30% de poissons tués même quand on les relâche, les pollutions diverses et variés (moteurs 2 temps, dégradation des berges), perturbation de la tranquillité des espèces migratoires et des zones de repos, j’en passe et des meilleures…
    Laissons des sanctuaires libres de notre présence, partout où on met les pieds il y a un impact. Le pêcheur « moyen » n’est pas un jeune pêcheur aux leurres responsable, la majorité des pratiquants n’est pas celle que tu décris, sinon on parlerait moins de viandards, de canettes sur les berges, de gangsta fishing et de pêche sur les nids. A moins qu’on n’ouvre ces endroits uniquement à des gens éduqués, mais il semble dur de mettre en place un « permis d’intelligence »…
    +1 avec la cour européenne.

  2. Je comprends ton point de vue, et tu l’argumentes assez bien pour ne pas avoir grand chose à lui opposer.
    Le seul grand principe finalement qui peut s’opposer, c’est :
    – interdire pour prendre le temps de faire de la vraie instruction « halieutique ».
    – ne interdire pas tout en prenant le temps de faire de la vraie instruction « halieutique ».

    Et c’est bien sur ce point que nos avis divergent :). De mon point de vue, ta solution est bonne mais elle fait acter des interdictions qui mettront des décennies à disparaître, alors que les gens seront « éduqués » depuis bien longtemps. C’est toujours le problème dans l’interdiction, on sait quand ça commence, mais on sait jamais quand ça s’arrète.

    Merci de ton commentaire
    Thomas

  3. De rien 🙂
    Si on parle de zones où des pêcheurs pourraient éventuellement revenir un jour, alors oui, pas la peine de les interdire aujourd’hui. Là on ne parle que de notre point de vue de pêcheur, pour ne pas qu’on nous enlève notre jouet, je ne pense pas (ou plutôt je ne l’espère pas) que cette interdiction éventuelle n’ait été décidé que pour embêter les pêcheurs.
    J’espère plutôt (ce qui doit être totalement utopique, je le conçois aisément), que cette interdiction arriverait pour créer des sortes de sanctuaires, un truc dans le genre « patrimoine mondial de la nature », bloquer des zones pour les laisser à 100% « naturelles », sans que l’homme puisse avoir la moindre interférence avec le milieu, et que l’instruction halieutique des pêcheurs n’ait même pas été prise en compte car n’ayant rien à voir avec l’objectif.
    Il doit évidement y avoir pleins de raisons bassement politico-vaseuses à cette idée, mais si c’est pour aboutir à ce style d’endroits (pas de pêche, pas de chasse, pas de rando, pas de kayak, pas de touristes etc.), là je ne suis pas contre. Si c’est juste pour embêter les pêcheurs et les chasseurs et monter un parc d’attractions ornithologique (cf le mercantour) à 200m, là, effectivement c’est complètement débile.
    Interdire complètement la présence de l’homme, quels que soit ses buts, dans certaines zones, je serai plutôt pour en fait, ça serait vachement plus sympa comme expérience à tenter que d’aller construire un Mc Do sur mars 🙂
    Ça serait le principe des frayères où la pêche est interdite à l’année, mais à grande échelle. Et en ce qui concerne les frayères protégées, c’est justement grâce à cette interdiction qu’il peut y avoir des poissons dans le reste de l’étang. Donc à grande échelle, sur des zones entières, ça pourrait être plutôt positif non ? Pas partout, mais dans certaines régions, pour préserver totalement des biotopes typiques (un bout des marais en camargue, un lac landais, une zone marécageuse en beauce, une portion de la loire, il y a pleins d’exemples), ça serait pas si mal, même si ça réduit un tout petit peu notre terrain de jeu…
    Malheureusement, connaissant un peu les objectifs des lobbys verts, j’ai quand même de sérieux doutes quant aux vrais buts visés à long terme… Mais on a quand même le droit d’être utopique de temps en temps ^^
    ps : bonne ouverture au fait 😉

  4. Pas d’ouverture :/, au travail pour que tout soit prêt pour l’ouverture du site. 🙂
    Comme je te le disais, je comprends ta position mais nuancée avec des doutes que tu exprimes je la comprends encore mieux. Je reste persuadé que c’est beaucoup de poudre aux yeux, mais c’est tentant de se laisser porter par ton sens de l’utopie.
    Pas contre, sur le lac de Hourtin, une nouvelle réserve est entrain d’être créée, et elle interdit toute l’utilisation des sentiers sur une bordure du lac … mais l’ONF verra de la visite touristique pour expliquer l’écosystème dunaire, en utilisant ces sentiers.
    Interdire me fait toujours peur. Ca pousse au braconnage sauvage et surtout ça ne laisse pas le soin aux gens de réfléchir sur le sujet, ça assiste leur prise de conscience.

  5. Je vois un débat très interessant sur le respect de la directive européenne NATURA 2000.
    En premier lieu, il faut quand même soulever que l’Etat Français a un retard considérble retard sur l’application de ces textes. Pour l’instant les seules zones qui ont été classées comme tel sont des grandes surfaces où aucune activités humaines de type industrielle n’a été recencée, où seules des activités agricoles ont lieu, où alors des zones où seuls des simples promeneurs ont accés. L’Etat n’a pas voulu toucher aux zones où une opposition démocratique pouvait pointer son nez.
    Et le résultat est tout simplement que la France se retrouve au pied du mûr, à devoir appliquer intégralement ces textes, qui quand on y regarde de prêt sont loin d’être sans logique. Leur but n’est surtout de ne pas mettre des zones sous cloches et de faire des lieux « vitrine de la nature », mais d’intégrer des pratiques existantes pour conserver les équilibres naturels.
    En prenant du recul sur ce qui a déjà été fait, on s’apperçoit que casiment tout le littoral est déjà régi par la directive NATURA 2000. Et ce qui a permis de réguler les constructions anarchiques, mais surtout de contrôler l’impact des rejets divers et variés de notre belle source financiere qu’est le tourisme.
    Par contre le soucis premier pour la mise en place de ces textes est qu’il faut des collèges de personnes expertes dans plusieurs domaines (halieutisme, hydrologie, militants écologiste), professionnels locaux (agriculteurs,sylviculteurs, éleveurs) qui connaissent le milieu mieux que personne, administrations compétentes (ONF, ONEMA, CEMAGREF,…), et utilisateurs (AAPPMA, fédérations de pêche et de chasse).

    La peur que l’on peut avoir le plus vivement est que cette consultation de tous n’est pas lieu de façon logique et surtout démocratique. Tout le monde est pour une protection du milieu renforcée, mais surtout surveillée. Et être au pied du mûr pour l’application de ces textes me fait craindre de se retrouver avec une application completement illogique, sans prendre en compte la réalité de terrain, qu’elle soit en terme de logique écologique et/ou en terme de logique économique.

    Toute activité humaine a un impact. Le tout est de savoir lequel. Et pour le mesurer cela demande du temps, et d’y mettre les moyens pour ne pas faire les choses à moitié. La pêche a un impact, c’est sûr. Mais est-on capable de dire lequel précisemment? Je ne connais que des études fiables réalisées sur le domaine marin. Mais auncune en eau douce. (et si vous en avez je suis preneur)

    N’allons pas trop vite et surveillons que toutes les personnes concernées soient concertées pour la mise en place.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.