Pêche aux leurres aux Seychelles

C’était aux alentours de la 3e semaine de janvier. Celle qui, paraît t il, est la plus déprimante de l’année. Je vous jure y’a une étude dessus (Lundi blues — Wikipédia). En même temps ça caille, ça mord pas et puis faut reprendre ce permis à 100 balles pour avoir le droit d’aller douiller le week-end de fermeture. A croire qu’il n’y avait que des pêcheurs dans leur panel.

Nous étions donc aux alentours de cette 3e semaine de janvier, j’étais assis à mon bureau, réalisant quelque tâche administrative aussi nécessaire qu’inutile. Cette ambiance tout à la fois stressante et lénifiante a du être propice à la création d’un orage comme deux masses d’air aux températures diamétralement opposées. Bref, posé pile sous cet orage j’ai pris la foudre.

C’est décidé je vais aux Seychelles.

Les Préparatifs.

Ca ma pris comme ça ou presque. Depuis des années, ça me trottait sans que j’y songe réellement. C’était une rêverie, un doux mensonge qu’on se raconte pour tenir quand, pour milles raisons insignifiantes, ton moral flirt avec le niveau de la mer. Une sorte de crise de la quarantaine même si je n’ai pas encore 40 ans et que je n’ai pas l’intention de passer mon permis moto.

Une demi seconde environ a été nécessaire pour convaincre ma copine. Je me suis alors jeté à corps perdu dans les préparatifs. Je dévorais toutes les videos et parcourais tous les forums relatant la pêche aux Seychelles. Il en ressortait invariablement la même chose :

-T’inquiète tu vas faire du poisson.

-Même du bord ?

-Oui, même du bord. Mais ne pars pas trop léger, tu n’es jamais à l’abris d’une surprise.

Naturellement cette dernière mise en garde, émanant de forumeurs bien intentionnés, je l’ai ignoré. Pour tout dire, mon attention s’est étiolée après « Tu vas faire du poisson ». J’ai alors commencé à remplir des boîtes de shads, de têtes plombées, de petit casting jig… Bref la même boîte que j’aurai utilisé pour allez pêcher des perches au mois de janvier. Tellement habitué à la médiocrité de ma pêche métropolitaine, je ne pouvais m’imaginer une pêche vraiment facile.

J’emmenai malgré tout une demi douzaine de poissons nageurs ainsi qu’une paire de top water, des fois qu’on me dirait la vérité et que la pêche serait REELLEMENT facile. Je ne prenais même pas la peine d’amener des triples de rechange ni de changer ceux d’origines. Avec le recul c’est délirant.

Pour tromper l’impatience, je montais quelques bucktails et des clousers. Beaucoup de clousers. Une montagne de clousers. Ils disent que c’est bien sur Gobages. Ils disent aussi qu’il me faut des streamers en fibre EP. Merde, c’est cher cette fichu fibre… Pas grave, j’achète, il paraît que c’est bien. Et puis je suis un nanti, je vais aux Seychelles.

J’entassais tout ça dans une valise achetée pour l’occasion. Ma canne de 8’6 pour soie de 8, ne rentrait pas dans l’ancienne, même en 4 brins. Deux spinning M et MH l’accompagnent.

Le temps de se renseigner sur ce qui fait la différence entre un t-shirt anti uv et un t-shirt normal et me voilà fin prêt pour jouer les touristes. Pour info, la principale différence entre un t-shirt anti uv et un t-shirt normal est le prix. Mais comme je suis un gros pigeon j’ai tout de même acheter une paire de longue sleeves uv50, des fois que…

Le Jour du départ !

Le réveille sonne a 3h. Quatre avions nous séparent de ce qui n’est encore qu’un fantasme. Le voyage se passe relativement sans encombre. Il m’aura juste permis de rattraper mon retard dans la saga Avengers. Le deux n’est pas terrible, le trois se laisse regarder. J’ai l’impression par ailleurs que la quasi totalité de l’avion matait Mégalodon. C’en était flippant. Où que se pose mon regard je voyais des Jason Statham protéger de jolies scientifiques poursuivies par un requin de la taille d’un immeuble. C’était fascinant de médiocrité.

C’est donc dans les vapes après 24h de voyages et la tête pleine de Iron man se battant avec des requins sortis du fond des âges que je pris pied à l’aéroport international de Mahe, plus grande des îles de l’archipel.

Il a cela d’aéroport international qu’il s’agit d’un aéroport et que des avions du monde entier s’y posent. Dans les faits c’est un très gros aérodrome avec une piste assez grande pour qu’un A320 puisse s’y poser. Et ça m’allait très bien comme ça.

Dernier changement d’avion, on prend cette fois ci un coucou d’une dizaine de places. Je pourrai tapoter l’épaule du pilote s’il m’en prenait l’envie. Mais outre le fait que ça n’aurait aucun intérêt, je suis bien trop excité pour penser à autre chose qu’à l’océan indien qui défile quelques centaines de mètres sous mes pieds.  La fatigue est oubliée pour un temps et j’ouvre grand les mirettes, des fois que j’arrive à observer des chasses de thons entre les îles.

Le plus dingue dans l’histoire c’est que j’ai effectivement vu d’énormes poissons impossibles à identifier se balader entre les récifs, par groupe de 4 ou 5. Probablement des requins mais je n’en sais rien. Observer des poissons d’un avion, cela me paraît totalement incongru et me laisse présager des eaux d’une richesse depuis longtemps oubliée sur nos côtes. Et si on ne m’avait pas menti ?

L’éxo, j’étais pas prêt.

Je m’aperçois que je suis tranquillement en train de vous raconter mes vacances mais je suppose que ce que j’ai maté comme film dans l’avion et autres trucs du genre ont un intérêt limité donc je vais accélérer un brin.

Atterrissage. Aéroport encore plus petit. Bus jusqu’au logement. Emerveillement à chaque seconde. Déballage des valises. Merde la valise avec les cannes est encore à Mahe. La vie est dure. Premier contact avec le lagon. C’est chaud. Blindé de poisson. De petits requins citrons longent la rive. Je n’ai pas mes cannes mais je suis au Paradis.

Vision de Paradis !!

Après un coma de 10h, je me réveille les yeux grands ouverts sur la vie à quelque chose comme 5h30 du mat. Je n’y tiens plus, il faut que je sorte, que j’explore chaque grain de sable, que j’observe chaque oiseau, chaque crabe… Tout est nouveau, j’ai le coeur qui bat à 200, je suis un môme.

Je croise un autre insomniaque, aussi pâle que moi, les yeux rougis par la fatigue, un sourire accroché aux lèvres. Lui aussi ne croit pas ce qui lui arrive.

Je traine comme ça le long de la plage un bon moment puis retourne vers l’appart en priant très fort pour y trouver mon ultime valise. Miracle, elle m’attend sagement sur le pas de la porte. Je remercie a peu prêt la quasi totalité du panthéon des divinités (et surtout la diligence de quelques bonnes âmes seychelloises) et m’empresse de monter un rockvib sur ma MH. Et là vous vous dites « le type est en éxo, le premier truc qu’il monte c’est un shad, paye ton ambition… », ce à quoi je vous répondrai que je suis un abominable gagne petit et que j’en ai conscience. Comme vous pourrez le constater, j’ai payé cher mon manque d’ambition. Le karma, tout ça…

Il faut savoir avant toute chose que j’ai passé des heures à scruter google earth pour repérer des zones interessantes à pêcher depuis le bord et les chemins pour s’y rendre. J’ai noté chaque nom de lagon ou de flat que j’ai jugé avoir du potentiel consciencieusement sur une carte que je traîne dans mon sac étanche. Chaque nom de baie qu’un pêcheur aura eu le malheur d’innocemment partager sur le web se retrouvait illico sur mon calepin. J’étais devenu un parfait petit rat (crabe, crotale… appelez ça comme vous voulez, l’idée est là) guettant chaque nouveau report, chaque nouvelle video avec avidité.

A part avoir eu le mérite de me faire patienter en attendant le jour J ce fut totalement inutile. J’ai pêché uniquement dans le lagon devant l’appart pendant deux semaines. La pêche était facile, vraiment. Du coup, je réservais mes explorations et randonnées à des activités strictement familiale.

La pêche était facile dis-je, mais à ce moment précis même si je le subodorais je l’ignorai encore. Mon premier lancé, fébrile, n’ayant qu’une très vague idée de ce à quoi m’attendre, fut sanctionné par un joli labre, ou sparidés. Honnêtement je n’ai pas retrouvé le nom exacte, pas même la famille, par facilité je nommerai labre un ensemble d’espèces qui m’aura accompagné tout le long du séjour,. Mon premier poisson exotique. Ce n’était pas une carangue ni quelque barracuda auxquels on rêve en se baladant sur le forum d’Exothonic mais prendre un poisson à des milliers de kilomètres de chez soi a toujours une saveur particulière.

Mon premier poisson

J’alignerai comme ça plusieurs poissons de lagons, des labres et autres bec de cannes, mais devant la quantité de touche je me décide enfin a passer sur quelque chose d’un peu plus fun. Je change donc pour un squad minnow 80 que j’anime sèchement par de nombreux twitch rapides. Le type d’animation qu’il ne me viendrai même pas à l’idée d’utiliser dans les eaux que je pêche habituellement, mais j’ai vu assez d’épisode de Mordu de la pêche pour me sentir pousser des ailes… Très rapidement je me fais tamponner le leurre de manière encore plus régulière et violente qu’avec le souple. Les même labres montent dessus comme des dingues. Honnêtement faire des dorades (ça n’en est pas, on est d’accord) au poisson nageur animé comme un bourrin, je n’étais pas prêt.

A force d’acharnement,  je finis par faire une carangue lors d’un lancer le long de la plage, prés de l’endroit ou se brise les (modestes) vagues. Ca semble être une petite Ignobilis. Difficile à dire vu la  taille. Je me félicite intérieurement du choix de mon matériel. Ma MH de 8 pied et mon Stradic 2500 sont tout a fait adaptés (quelle blague !) à ces poissons modestes et survitaminés .

Ma première carangue

Alors que je relâche cette petite carangue, je m’aperçois qu’elle saigne un peu, un triple lui ayant écorché un flanc. Ca ne l’empêche pas de prendre la tangente d’un coup de queue rageur. Elle se fera dévoré sous mes yeux peu après par l’un des nombreux requins de lagon trainant dans les parages. N’est pas dieu qui veut.

Prudemment je regagne le sable sec. D’autant plus que de nombreuses raies patrouillent dans mes pieds. J’en ferai les frais plus tard dans le séjour lors d’une séance de snorkling.

La raie de mon coeur

Si la baignade et le snorkling sont très sécurisant aux Seychelles, le danger n’est pas totalement absent. Les cones, poissons pierres et murènes sont bien présents et les locaux recommandent aux touristes dans mon genre, assez stupides pour mettre les doigt sous les coraux voir si rien ne s’y cache de garder les dit doigt le long de son corps et de ne rien manipuler. Bien qu’appliquant consciencieusement ces sages directives, j’eu le malheur de mettre le pied dans une eau un peu trop trouble pour être honnête avec à la clef une vive douleur à la cheville et une raie fuyant à toutes nageoires. Pour être franc, je m’attendais à une douleur fulgurante et persistante et un passage à l’hosto, il n’en a rien été. Me renseignant fébrilement auprès de locaux, leur réponse à été des plus clair :  

-T’as mal ?

-Pas trop…

-Alors c’est bon.  

Au delà de l’image d’Épinal de l’îlien débonnaire qui prend les choses avec philosophie ils semblent surtout tout a fait au courant qu’elle n’injecte pas systématiquement assez de venin pour rendre la chose franchement désagréable. J’en était quitte pour une cheville douloureuse pendant quelques jours et une belle frayeur.

Je clôturerai cette session avec mon premier barra qui, par un espèce de miracle, ne me sectionnera pas le 30%. Pour un métropolitain passablement casanier tel que moi le terme barracuda raisonnait comme le symbole de l’exotisme, celui présent dans chaque report ou presque des pêcheurs éxo. Pas forcément en termes élogieux d’ailleurs. Un peu comme nos chevesnes, le poisson qu’on ne cherche pas réellement mais qui fait office de pis aller modérément satisfaisant. Bref, ce barracuda me donnait l’impression de rentrer dans la grande famille des pêcheurs exotiques. J’étais devenu l’égal d’un Clostermann ou d’un Hemingway. Bon ok, peut être un peu en dessous…

Mais quand même, ce poisson, loin d’être exceptionnel, je dirais même d’une affligeante banalité de par sa taille et son espèce m’a ravie. Je sais il m’en faut peu. Je vous l’avais bien dis, je suis un gagne petit.

De l’intérêt des ST66.

Un peu plus tard, le lendemain en fait, alors que nous étions attablés devant un café et quelques fruits (ok, une montagne de bacon pour moi…) et que les dernières roussettes regagnaient leurs arbres avec majesté, j’observai le lagon songeant qu’aujourd’hui je tenterai bien le coup en canoë.

Un léger frisottis parcouru l’onde à quelques encablures de là, piquant ma curiosité. Ca ressemblait furieusement à ce que nos amis anglo saxon appellent « nervous water ». Un stade précèdent généralement une curée d’une rare violence, capable de provoquer tremblements et bégaiements sur la plupart des pêcheurs.

J’essaie de ne pas engloutir mon café et de poser là ma copine. En général les gens viennent là pour se marier, pas pour divorcer. Je suppose que des tics nerveux ont du apparaître à ce moment là. Une tension à la commissure des lèvres, des clignements d’oeil intempestifs… Quoiqu’il en soit elle me fait comprendre que rester un brin de temps seule sur une plage paradisiaque ne lui posait pas vraiment de problème. Ça tombe bien, la chasse vient d’éclater.

Je tente de rester digne et m’approche aussi tranquillement que je le peux du gars qui gère les canoë.

-C’est possible d’avoir un canoë ?

-Bien sûr.

-C’est possible d’avoir un gilet ?

-…

Un silence s’installe. Le type me regarde du coin de l’oeil, visiblement étonné. Je me sens soudain con de réclamer un gilet. Même si la chose me paraît élémentaire pour s’aventurer sur un lagon de plusieurs km², je me dis que pour les habitants ce ne doit être rien d’autre qu’une immense baignoire.

J’insiste malgré tout et ce qui visiblement n’avait qu’une vocation décorative à son comptoir se retrouve sur mon dos.

En quelques coups de pagaie je parcours une grosse centaine de mètres et déjà j’ai changé de monde. Des pailles en queue me survolent, des raies sautent régulièrement autour de moi, une myriade de poissons multicolores nagent sous l’embarcation et de temps en temps une tortue survole nonchalamment les patates de corail. Je mesure ma chance. Tout cela à l’air sortie d’une mauvaise brochure passablement mensongère d’agence de voyage mais les faits sont là : c’est le panard.

La Pêche en kayak

Naturellement la chasse a stoppé. En métropole comme partout dans le monde il semble exister une règle immuable stipulant qu’une chasse ne durera que le temps de s’y rendre. Je jette à droite et à gauche en désespoir de cause. Invariablement je me fait stopper par des pagres, des poissons flutes, des bec de canne, des snappers, des mérous… La variété semble infini, et tous semblent bien décidés à manger du minnow.

Qu’il me paraît bien loin le moment où j’hésitais à balancer ce sachet de crappie thumper en 2’’ et ces tp de 3gr au fond de la valise.

De grosses orphies crocodiles se baladent autour de moi et suivent régulièrement les leurres sans y toucher. A force d’acharnement l’une d’elle finit par s’y laisser prendre et se lance dans une série de saut délirant. J’ai ma canne en main mais on ne peut pas dire que je combatte vraiment. Comment combattre un truc qui passe le plus clair de son temps dans les airs ?

Je regarde le spectacle, un peu halluciné, n’ayant aucune idée de comment je vais bien pouvoir manipuler ça sans finir avec un triple dans la main ou n’importe où ailleurs… Mais comme il n’y a rien que l’inaction ne puisse résoudre, lors d’un saut l’orphie se décroche d’elle même. En réalité elle m’aura emporté les deux triples et les anneaux brisés. Mon leurre est nu.

Et c’est là que commencera la grande chaise musicale des hameçons. N’ayant pas de triple de rechange (oui, je sais…) je passerai ma semaine à déshabiller la myriade de leurres inutiles de ma boite pour habiller les seules qui vaillent : les pn et topwater.

Au bout d’une grosse heure a jerker comme un âne, j’ai les avant bras fatigués et suis repus de poisson pour au moins la matinée. Au loin, un minuscule ilot me fait de l’oeil. Par pure gourmandise, je décide d’y faire un saut avant de rentrer. Un bel aileron et une masse de plus ou moins 2m50 me ferons changer d’avis. C’est stupide, je sais. Je sais aussi que je ne risquais rien, mais bon, c’est ancré quelque part dans notre psyché. On a peut être hérité ça d’une époque où l’on était encore des proies. Ou alors j’ai tout simplement maté beaucoup trop de film… Je profite du spectacle de loin et fini par retourner sur la terre ferme, allégé déjà d’une paire de poissons nageurs. J’en ai emmené une grosse demi douzaine.

Je vais tuer le suspens de suite, je n’en ramènerai qu’un seul. Un long bill minnow qui souffre désormais probablement de stress post traumatique.

L’aventure pour les nuls.

Lors d’une nouvelle expédition en canoë (ça n’avait rien d’une expédition, tout était très sûr mais pour un type comme moi ça sentait malgré tout l’aventure) je finis par croiser la route de carangues dignes de ce nom. Alors que j’étais probablement en train de décrocher mon 2000e pagre du séjour  (il est possible que ce nombre soit surévalué…) un banc de poisson fourrage déboula sous le canoë. Clairement il allait beaucoup trop vite et ne dégageait qu’une impression de sérénité modérée. Je lançais mon leurre dans la direction opposée et prenais au premier jerk un de ces fichu baitfish qui même coursé par un banc de carangues en furie trouva le moyen d’avoir la dalle. Manger et être manger, un leitmotiv visiblement sous ces latitudes. Je n’eu pas vraiment le temps d’en discuter avec mon infortuné chinchard (ça y ressemblait, ça n’en était pas) puisqu’il disparaîtra dans une gerbe d’eau avec mon squad minnow.

J’avais lu, comme tout un chacun, que la défense des poissons tropicaux était sans commune mesure, à poids égal, avec les nôtres. J’avais déjà pu m’en rendre vaguement compte mais là ce fut encore au-dessus, de part la taille naturellement, puisque ce poisson surpassait tout ce que j’avais touché jusque là, mais aussi, je suppose, de part son espèce. Une carangue ce n’est pas un mérou.

Un carangue à l’Asturie

La pêche version Socrate 425 av. JC

Mon pauvre matériel sous dimensionné souffrit le martyr mais je fini après un temps certain à saisir cette carangue à gouttes d’or par la queue. J’hallucine devant la beauté du truc. Une peau d’aluminium irisée parcouru de point jaunes vifs. Une vrai beauté.

J’aimerai vous dire qu’elle a regagné l’onde d’un coup de queue, me gratifiant d’éclaboussures et d’un dernier regard noir et rageur… La réalité est toute autre. Epuisé par un combat ridiculement long sur du matos non adapté, elle ne repartira pas. Je m’en veux, mais c’est comme ça. Cette carangue, je l’ai tuée en mettant un moulinet 2500 spoolé en 13 % dans la valise. Un restaurant acceptera de nous la préparer. Nous lui ferons l’honneur de la table, c’était le moins que l’on puisse faire.

La semaine défilera ainsi, entre session de snorkeling, randonnées et un peu de pêche naturellement.  J’aurai l’occasion de faire un certain nombre de poissons en top water, ce qui n’en rendait la pêche que plus ludique et jouissive. Je me ferai vider littéralement le moulin par un truc VRAIMENT trop gros, ce qui signera le glas de mon ultime squad minnow… mais relater tous cela finirait par devenir redondant et j’ai déjà l’impression de m’être appesanti déraisonnablement sur des sessions et poissons qui doivent paraître bien fade à certains. Ici pas de carangue de 30kg ni de carpes rouge démesurée, juste un type en light tackle qui ne changerait pour rien au monde ce qu’il a vécu. Ah si, peut-être qu’il emmènerai un moulinet Stella 6000 spoolé en 23 %…

Je mentionnerai tout de même encore deux ou trois anecdotes, comme lorsque du bord, en pêchant d’énormes chinchards (on a dit qu’on les appelait les comme cela…) au clouser je me fis vider la soie et le backing sans rien pouvoir faire. Probablement une belle carangue  mais qui sait. Ou encore lorsque que pendant une plongée en palme masque tuba j’observai une paire de permit se nourrissant. Troquant mes palmes pour une canne à mouche je les attaquais un peu trop brutalement et n’arrivais qu’a les faire fuir. Un permit, fallait pas déconner non plus. Vu mon niveau ça aurait été un pur scandale.

Je vais m’arrêter là. Pour de vrai ce coup ci. Des anecdotes j’en ai encore des tonneaux mais rendre compte de ce qu’on a réellement vécu est peine perdue lorsque l’on a perçu les choses si intensément, je m’en aperçois en écrivant ces lignes. Alors je vais tranquillement aller monter une paire de shads en prévision du capot qui m’attend. Demain c’est la fermeture.

Krom…

2 réflexions au sujet de « Pêche aux leurres aux Seychelles »

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